Suis-je libre parce que rien ne détermine mes choix, ou parce que je comprends ce qui les détermine ? Spinoza tranche sans détour : le libre arbitre n'est qu'une illusion née de notre ignorance des causes qui nous gouvernent – être libre, c'est les comprendre, non y échapper. Sartre prend le contrepied le plus radical : condamné à être libre, l'homme n'a d'autre choix que de se faire lui-même, sans nature qui le précède. Nietzsche se demande quant à lui si le libre arbitre n'est pas qu'une fiction morale, inventée pour pouvoir nous juger coupables. La liberté s'articule par ailleurs avec d'autres concepts majeurs : peut-on être libre en obéissant à une loi qu'on s'est soi-même prescrite (Rousseau) ? Reste-t-on libre en soi, quoi qu'il arrive à l'extérieur (Montesquieu) ? Le travail, censé nous accomplir, ne devient-il pas dans certaines circonstances la source même de notre aliénation (Marx) ?