Quel est le juste rapport entre l'homme et la nature ? Hobbes et Rousseau partent tous deux d'un état de nature hypothétique, pour en tirer des leçons opposées : guerre de tous contre tous appelant un État pour l'un, innocence perdue et corrompue par la société pour l'autre. Dans un tout autre registre, Descartes revendique la maîtrise de la nature comme vocation propre de l'homme – mais Darwin balaie cette prétention : l'homme n'a rien d'unique, il n'est, comme tout le vivant, que le fruit d'un même processus aveugle de sélection. Jonas introduit une responsabilité inédite : parce que nous sommes capables de détruire la nature, nous devons la protéger au nom de générations futures qui ne peuvent, par définition, jamais nous demander de compte.