Le désir est-il ce qui nous fait vivre, ou ce qui nous fait souffrir ? Platon met en scène une vie faite de désirs sans cesse assouvis et jamais comblés – le tonneau des Danaïdes, qui se vide aussitôt qu'il se remplit. Rousseau défend la position inverse : le bonheur n'est pas dans la satisfaction du désir, mais dans l'élan même du désir avant qu'il ne soit comblé. Hume, de son côté, s'attaque à l'idée que la raison pourrait gouverner ce désir, car elle en est en vérité l'esclave. Schopenhauer et Stendhal rejoignent quant à eux une même désillusion : le désir comblé ne laisse place qu'à un nouveau manque, et l'amour, en parant l'être aimé de perfections imaginaires, n'est rien d'autre qu'un désir qui se ment à lui-même.