Faut-il craindre la mort ? Épicure tranche sans détour : tant que nous existons, elle n'est pas là ; quand elle est là, nous ne sommes plus – comment pourrait-elle donc jamais nous concerner ? Montaigne choisit une autre voie : apprivoiser la mort en y pensant librement. Pascal voit en elle la cause de nos maux : nous ne supportons pas de rester seuls, sans occupation, précisément parce que le silence nous ramène à notre propre fin. Heidegger partage cette vision angoissante de la mort mais y lit tout autre chose : la mort n'est pas une menace à fuir, mais une possibilité pour nous de nous reprendre en main.