L'amitié est un sujet qui divise les auteurs. Existe-t-il des niveaux d'amitié (utile, agréable, vertueuse), la dernière étant la plus digne (Aristote), ou s'agit-il de quelque chose de plus radical, la fusion de deux âmes en une seule qui ne s'explique pas (Montaigne) ? À moins qu'en matière d'amitié, tout ne soit que question d'équilibre, comme le propose Kant : un ami trop proche étouffe, un ami trop distant refroidit. Ou alors, il faut peut-être accepter avec Derrida que la réciprocité qu'on prête habituellement à l'amitié n'existait tout simplement pas : et si aimer un ami était un gerste asymétrique ?