La mémoire est-elle une vertu essentielle à l'être humain, ou peut-elle devenir un fardeau ? Locke considère la mémoire comme ce qui constitue la conscience de l'homme : je suis la même personne qu'hier dans la mesure où ma conscience peut, par la mémoire, s'étendre jusqu'à mes actions et pensées passées. Nietzsche défend l'oubli comme une fonction vitale à part entière en arguant qu'un être incapable d'oublier serait paralysé par le poids de son propre passé. Bergson répond en liant au contraire mémoire, conscience et liberté : plus un être dispose d'un éventail de réponses possibles à une situation, plus il doit choisir entre elles – et ce faisant mobiliser sa mémoire précisément pour faire usage de sa liberté.