← Bibliothèque

Droit

7 fiches

Présentation

Le droit doit-il sa validité à la morale, ou fonctionne-t-il selon sa propre logique ? Kelsen défend l'autonomie complète du droit : une norme juridique est valide non parce qu'elle est juste, mais uniquement parce qu'elle est conforme à une norme supérieure, indépendamment de toute considération morale. Hart nuance cette rigueur : le droit combine des règles primaires, qui encadrent la conduite, et des règles secondaires, qui permettent de les créer et de les modifier, avec une marge d'interprétation ouverte. Dworkin s'oppose frontalement à cette vision : le droit n'est jamais réductible à un ensemble de règles, il inclut aussi des principes moraux implicites, que le juge doit découvrir même dans les cas les plus difficiles. Hobbes, de son côté, fait naître le droit d'un besoin très concret : sans pouvoir commun pour contraindre au respect des contrats, aucune promesse ne tient. Hegel, enfin, distingue la punition juridique de la simple vengeance : l'une répare et restaure l'ordre, l'autre ne fait qu'ajouter une blessure à une autre.