D'où vient la force créatrice, celle qui anime aussi bien le vivant que l'artiste ? Nietzsche la nomme volonté de puissance : non un désir de dominer autrui, mais une tendance profonde à se dépasser et à créer sans cesse de nouvelles formes. Bergson lui donne un nom biologique, l'élan vital : une pulsion originelle qui traverse tout le vivant, le poussant à se diversifier et à innover plutôt qu'à se répéter. Nietzsche démystifie par ailleurs le génie qu'on croit jailli d'un seul coup : derrière l'œuvre apparemment spontanée se cache toujours un long travail incorporé, devenu invisible à force d'entraînement. Hegel, enfin, place l'art tout en haut : la création de l'Esprit dépasse même la nature qu'elle représente.