Comment accède-t-on à la conscience d'autrui, moi qui n'ai jamais un accès direct à ce qu'il ressent ? Descartes propose une solution par analogie : je ne perçois que des corps et des gestes, mais j'infère, par ressemblance avec moi-même, qu'une conscience les habite. Merleau-Ponty juge cette solution trop intellectuelle : c'est par le corps et le dialogue, avant tout raisonnement, que j'accède à la joie ou à la douleur d'autrui. Sartre, à l'inverse, fait du rapport à autrui un conflit structurel : son regard me transforme en objet, me prive de ma liberté, au point de proclamer que l'enfer, c'est les autres. Fichte propose une troisième voie, plus positive : c'est la reconnaissance d'un autre être libre qui me rend moi-même conscient de ma propre liberté, la relation précédant l'individu plutôt que l'inverse.