Apprendre, est-ce remplir un esprit vide, ou faire émerger ce qui s'y trouve déjà ? Platon répond par le mythe de la caverne : éduquer, ce n'est pas verser un savoir dans une tête, c'est tourner le regard vers la lumière, vers ce qui est déjà accessible à la raison. Il va plus loin avec la réminiscence : connaître, c'est se ressouvenir, comme le montre un jeune esclave qui retrouve seul, par de simples questions, une vérité géométrique qu'il n'avait jamais apprise. Kant fait de l'éducation la condition même de l'humanité : sans elle, pas de sortie de la minorité, pas de courage de penser par soi-même, et c'est elle seule qui « nature » l'homme, qui le rend proprement humain. Simone Weil, enfin, déplace l'éducation vers une vertu qu'on associe rarement à l'apprentissage : l'attention, la forme la plus rare et la plus pure de la générosité, qui consiste à se rendre disponible à ce qui est étudié plutôt qu'à s'y imposer.