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Désir : nature et valeur du désir

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Fait partie du thème Désir

Dans le Gorgias, Calliclès défend une thèse provocante : la vie heureuse consisterait à laisser grandir ses désirs sans limite, puis à se donner les moyens de les assouvir sans cesse. Spinoza s'y oppose en fondant l'éthique sur le désir lui-même : nous ne désirons pas une chose parce qu'elle serait bonne en soi, c'est l'inverse, nous la disons bonne parce que nous la désirons. Hume va plus loin encore : la raison ne commande jamais le désir, elle n'est et ne doit être que l'esclave des passions. Rousseau situe le bonheur non dans la satisfaction mais dans le désir lui-même, cet élan vers ce qu'on n'a pas encore, avant que Schopenhauer n'apporte une note plus sombre : le désir comblé ne laisse jamais qu'un nouveau manque.