La volonté est-elle gouvernée par la raison, ou par des forces qui la dépassent ? Descartes défend la première option : être libre, ce n'est pas agir sans contrainte, c'est que la volonté se détermine par la raison plutôt que par la passion ou la confusion des sens. Hume renverse radicalement ce rapport : la raison ne peut par elle-même produire aucun désir ni empêcher aucune action, elle n'est et ne doit être que l'esclave des passions, qu'elle peut tout au plus éclairer, jamais commander. Schopenhauer va plus loin encore : sous le monde tel qu'il nous apparaît (la représentation) se cache une force aveugle et insatiable, la Volonté, dont le désir humain n'est qu'une manifestation parmi d'autres, toujours vouée à l'insatisfaction. Alain, enfin, choisit de ne pas subir cette fatalité : être heureux est un acte de volonté autant qu'un état, et ce bonheur choisi devient à son tour un devoir envers les autres, tant il est contagieux.