La souffrance est-elle un accident évitable, ou la condition même du désir ? Schopenhauer y voit une fatalité : désirer, c'est manquer, et le manque comblé ne laisse place qu'à un nouveau manque, si bien que la vie oscille sans fin entre la souffrance du désir insatisfait et l'ennui du désir comblé. Le bouddhisme rejoint ce diagnostic par une autre voie : la souffrance (dukkha) naît de l'attachement à ce qui, par nature, est impermanent, tout s'écoule, rien ne demeure, et vouloir retenir ce qui passe engendre nécessairement la douleur. Singer élargit enfin la question au-delà de l'espèce humaine : si la souffrance est un mal, quelle que soit l'espèce qui la subit, alors ignorer celle des animaux au nom d'une différence d'espèce, le spécisme, est une discrimination aussi injustifiable que le racisme ou le sexisme.