La réalité que nous percevons est-elle la réalité telle qu'elle est en soi ? Aristote propose la définition la plus simple de la vérité : dire « il pleut » est vrai si, effectivement, il pleut, la vérité étant une correspondance entre l'énoncé et la chose. Platon complique ce tableau : le monde sensible, changeant, n'est qu'une ombre de la réalité véritable, celle des Idées, immuables et parfaites. Einstein, en physicien, adopte une position plus modeste : nos théories ne sont jamais que des modèles, des hypothèses qui permettent de prédire le mouvement du monde sans jamais en livrer le mécanisme ultime. Husserl, enfin, invite à mettre entre parenthèses la question même de la réalité extérieure, pour décrire d'abord comment le monde nous apparaît, par esquisses successives, avant toute affirmation sur ce qu'il est véritablement.