Une grande part de notre vie psychique nous échappe-t-elle vraiment ? Erickson le montre à travers un exemple très concret : taper au clavier exige d'abord un effort conscient, lettre après lettre, avant de devenir un automatisme accompli sans y penser, l'inconscient fonctionnant alors comme un système d'automatismes acquis. Nietzsche généralise cette intuition : la conscience n'occupe qu'une place superficielle dans la vie psychique, l'essentiel de ce qui détermine nos pensées et nos actions se joue ailleurs, hors de notre regard. Stendhal illustre enfin ce pouvoir de l'inconscient dans le domaine amoureux : la cristallisation, ce processus par lequel l'amour naissant pare l'être aimé de perfections imaginaires, sans que l'amoureux en ait jamais pleinement conscience.