La pensée existe-t-elle avant le langage, ou seulement à travers lui ? Locke penche pour la première option : les idées existent dans l'esprit avant d'être habillées de mots, le langage n'étant qu'un vêtement ajouté après coup à une pensée déjà formée. Hegel s'y oppose fermement : le langage n'est pas un instrument extérieur à la pensée, il est le milieu même dans lequel elle se forme, on ne pense jamais totalement sans mots. Wittgenstein pousse cette thèse à son terme le plus radical : les limites de mon langage sont les limites de mon monde, ce que je ne peux pas dire, je ne peux tout simplement pas le penser. Descartes, enfin, fait du langage le seul signe extérieur fiable de la pensée : un discours adapté et varié selon les situations, chose dont même les animaux, selon lui, seraient incapables.