Le loisir est-il un temps de liberté, ou une simple pause dans la contrainte ? Aristote y voit le lieu même de l'accomplissement : le travail est pénible et nécessaire, mais c'est le loisir qui permet de se cultiver, de philosopher, de s'accomplir pleinement en tant qu'être raisonnable. Russell prolonge cette idée d'un point de vue plus critique : le culte du travail n'a rien d'une nécessité morale, c'est un préjugé qu'on pourrait renverser sans dommage, en accordant enfin sa vraie valeur au temps libre. Baudrillard, plus pessimiste, doute que le loisir moderne échappe vraiment à la contrainte : même le repos, y compris le sommeil, se retrouve aujourd'hui mesuré, optimisé, soumis aux mêmes impératifs de performance que le travail dont il devait nous libérer.