La logique décrit-elle le réel, ou lui impose-t-elle sa propre forme ? Aristote fonde la logique occidentale sur des principes qu'on ne peut nier sans se contredire, comme le principe de non-contradiction, base de toute démonstration valide. Nietzsche renverse la perspective : la logique ne décrit rien du réel, qui est mouvant et changeant, elle lui impose une forme stable et identique à elle-même, utile pour penser mais fausse par nature. Le rasoir d'Ockham propose un principe d'économie plutôt que de vérité : entre deux explications, préférer toujours la plus simple, celle qui ne multiplie pas les causes inutilement. Frege, Russell et Kripke, enfin, affinent au XXe siècle la logique du langage lui-même : comment un nom propre désigne-t-il une chose, comment traiter une phrase qui parle d'un objet qui n'existe pas, autant de problèmes techniques qui ont renouvelé la logique contemporaine.