Sommes-nous libres, ou seulement les jouets de causes qui nous échappent ? Spinoza est catégorique : tout dans la nature est rigoureusement déterminé, y compris l'homme, qui se croit libre simplement parce qu'il ignore les causes qui le font agir. Leibniz formule le principe le plus général de ce déterminisme : rien n'arrive sans raison suffisante, pas même le plus petit événement. Freud apporte une version plus intime de cette thèse : le moi n'est pas maître dans sa propre maison, gouverné qu'il est par un inconscient qui échappe à sa conscience. Bergson, seul à nuancer, ouvre malgré tout une brèche : nous restons libres précisément là où nous avons vraiment conscience de ce que nous faisons, non dans les gestes machinaux de l'habitude.