Tout homme qui détient du pouvoir est naturellement porté à en abuser : Montesquieu en tire la séparation des pouvoirs, seul rempart institutionnel efficace. Mill ajoute le principe de non-nuisance, Popper le paradoxe de la tolérance, deux limites au nom de la liberté individuelle elle-même. Rawls propose une méthode, le voile d'ignorance, pour garantir un État à la fois libre et juste, tandis que Nozick achève cette tradition libérale par l'idée d'un État minimal. Jonas clôt le fil sur une limite d'un tout autre ordre, écologique : la responsabilité envers les générations futures peut justifier des contraintes sur les libertés d'aujourd'hui.