La conscience de soi fonde la personne
Thèse
Kant distingue radicalement la personne de la chose. Alors que la chose possède un prix et peut être utilisée comme un moyen, la personne est un sujet conscient de lui-même et capable d'autonomie morale. Cette capacité à dire « je » et à se donner librement des règles fonde sa dignité et interdit de la traiter comme un simple instrument.
« Le fait que l'homme puisse avoir le Je dans sa représentation, l'élève infiniment au-dessus de tous les autres êtres vivants sur la terre. » – Anthropologie du point de vue pragmatique, 1798
Exemples
- La chose : une chaise, un ordinateur ou un marteau ont une fonction déterminée. Ils peuvent être remplacés par d'autres objets équivalents. Leur valeur dépend de leur utilité et correspond à un prix.
- La personne : un être humain n'est pas un simple instrument au service d'un projet extérieur. Même lorsqu'il rend un service ou occupe une fonction, il demeure un sujet libre et autonome. Le réduire à son utilité reviendrait à nier sa dignité de personne.
Notes
Pour Kant, la conscience de soi distingue l'homme de la simple chose, car la rationalité permet l'autonomie morale. Toute personne possède une dignité inconditionnelle, et aucun être humain ne doit être traité comme un simple moyen. La personne est un sujet moral avant d'être un objet dans le monde.
Débat
Hume : nous n'avons pas de moi stable et permanent, nous sommes un ensemble changeant de perceptions, jamais un « je » substantiel. Freud : le sujet n'est pas pleinement maître de lui-même ; l'inconscient influence ses pensées et ses décisions à son insu. Lévinas : ce n'est pas le Je mais la rencontre avec autrui et la responsabilité envers lui qui fondent véritablement l'éthique.