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La vérité comme correspondance

Aristote · Antiquité (IVe siècle avant notre ère)

Thèse

Si je dis « il pleut » alors qu'il pleut dehors, mon énoncé est vrai ; si je le dis alors qu'il fait soleil, mon énoncé est faux – peu importe ma sincérité ou la force de ma conviction, seul compte l'accord entre ce que je dis et ce qui est effectivement le cas. C'est cette intuition qu'Aristote formule le premier : une proposition est vraie lorsqu'elle affirme ce qui est réellement le cas, et fausse lorsqu'elle ne correspond pas à la réalité. La vérité consiste ainsi dans l'accord entre le jugement et le monde : le discours doit dire les choses telles qu'elles sont.

« Dire de ce qui est qu'il est, ou de ce qui n'est pas qu'il n'est pas, c'est dire vrai. » – Métaphysique

Exemples

  • Proposition vraie : « Il pleut dehors. » Si la pluie tombe effectivement, l'énoncé correspond à la réalité : il est vrai.
  • Proposition fausse : « Il fait soleil. » Si la pluie tombe dehors, l'énoncé ne correspond pas à la réalité : il est faux.

Notes

C'est la conception la plus intuitive et la plus répandue de la vérité. Elle a été reprise au Moyen Âge sous la formule : adaequatio rei et intellectus (« adéquation de la chose et de l'intellect »). Très influente dans la philosophie contemporaine et la philosophie analytique, elle suppose l'existence d'une réalité indépendante de nos opinions.

Débat

Kant : comment vérifier la correspondance entre notre pensée et la réalité si nous ne connaissons le monde qu'à travers nos représentations ? Nietzsche : ce que nous appelons « vérité » est souvent le produit de conventions, de perspectives ou d'interprétations. Heidegger : la vérité est d'abord un dévoilement (alètheia), une manière dont l'être se manifeste, avant d'être une propriété des propositions. Wittgenstein : la vérité dépend aussi des règles et des pratiques dans lesquelles les énoncés prennent sens ; elle n'est pas seulement une simple relation entre mots et choses.