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La pensée sauvage

Claude Lévi-Strauss · XXe siècle

Thèse

La pensée des peuples dits « primitifs » n'est pas une pensée inférieure à la science. C'est une pensée rigoureuse qui classe et organise le monde à partir des éléments concrets dont elle dispose. Elle procède par bricolage, tandis que la science moderne fonctionne davantage comme une ingénierie conceptuelle.

« La pensée sauvage n'est pas la pensée des sauvages, mais la pensée à l'état sauvage, distincte de la pensée cultivée ou domestique. » – La Pensée sauvage, 1962

Exemples

  • L'ingénieur (pensée domestiquée) : part d'un projet abstrait et recherche les moyens les plus adaptés pour le réaliser.
  • Le bricoleur (pensée sauvage) : travaille avec un stock limité d'objets et de matériaux déjà disponibles, qu'il combine de façon nouvelle pour résoudre un problème.

Notes

La pensée sauvage est une réponse directe à Sartre qui place la raison occidentale au sommet. Lévi-Strauss montre que la pensée mythique est une science du concret, aussi rigoureuse.

Débat

Sartre : la pensée sauvage, tout ingénieuse soit-elle, ignore la praxis et la dialectique historique – elle ne peut pas rendre compte du changement social. Derrida : la distinction même entre pensée sauvage et pensée domestique reproduit la hiérarchie occidentale qu'elle prétend déconstruire – appeler une pensée « sauvage » reste tributaire du regard qu'elle voulait dépasser.