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Les quatre vertus cardinales stoïciennes : sagesse, courage, justice, tempérance

Stoïciens · Antiquité

Thèse

Pour les Stoïciens, la vertu est le seul bien véritable – tout le reste (richesse, santé, réputation) est « indifférent ». La vertu se décline en quatre formes cardinales : la sagesse (phronèsis – discerner le bien du mal), le courage (andreia – affronter ce qui est difficile), la justice (dikaiosynè – rendre à chacun ce qui lui revient), la tempérance (sôphrosynè – maîtriser ses désirs et passions).

« La vertu suffit au bonheur. » – Maxime stoïcienne fondamentale, attribuée à Zénon de Citium

Exemples

  • La vertu comme seul bien réel : un homme vertueux mais pauvre, malade et sans réputation est plus heureux qu'un homme riche, en bonne santé et célèbre mais lâche, injuste ou intempérant. Ce qui dépend de nous (la vertu) est le seul bien ; ce qui ne dépend pas de nous (fortune, santé, réputation) n'est pas un vrai bien.
  • Les quatre vertus en action : la sagesse discerne que perdre son emploi est un « indifférent » ; le courage permet d'y faire face sans panique ; la justice commande de ne pas en vouloir injustement à ses collègues ; la tempérance évite de se noyer dans le ressentiment ou la dépense excessive. Les quatre vertus ne sont que des aspects d'une seule vie vertueuse.

Notes

Les quatre vertus cardinales viennent en réalité de Platon (République, IV) – les Stoïciens les ont reprises et radicalisées en faisant de la vertu le seul bien. Cette radicalisation distingue le stoïcisme d'Aristote (pour qui les biens extérieurs contribuent aussi à l'eudaimonia) et du christianisme (qui ajoute foi, espérance et charité aux quatre cardinales). Marc Aurèle reviendra sans cesse sur ces quatre vertus comme boussole pratique.

Débat

Aristote : affirmer que la vertu seule suffit au bonheur est excessif – l'eudaimonia exige aussi un minimum de biens extérieurs (santé, amis, ressources). Un homme vertueux torturé n'est pas heureux. Kant : les vertus stoïciennes sont des dispositions de caractère – elles ne fondent pas la moralité aussi rigoureusement que l'impératif catégorique. Nietzsche : les vertus stoïciennes sont trop défensives – elles visent la maîtrise de soi, non la création de nouvelles valeurs.