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Bouddhisme : le moi est une illusion, il n'y a pas de soi permanent

Bouddha (Siddhartha Gautama) · Antiquité (Ve siècle avant notre ère)

Thèse

Le non-soi (anatta) est la doctrine bouddhiste selon laquelle il n'existe pas de soi permanent, immuable et indépendant. Ce qu'on appelle « moi » est un flux d'agrégats en perpétuel changement : forme, sensations, perceptions, formations mentales, conscience. S'identifier à ce flux comme à une entité stable est une illusion – source de l'ego et de la souffrance.

« La forme n'est pas le soi. Les sensations ne sont pas le soi. La perception n'est pas le soi. Les formations mentales ne sont pas le soi. La conscience n'est pas le soi. » – Anattalakkhaṇa Sutta

Exemples

  • Les cinq agrégats (khandhas) : ce qu'on prend pour le « moi » est en réalité une combinaison changeante de forme corporelle, sensations, perceptions, volitions et conscience. Aucun de ces éléments n'est permanent ni indépendant. Le « moi » n'est pas une chose – c'est un processus.
  • La libération par le non-soi : comprendre qu'il n'y a pas de moi permanent dissout l'ego et l'orgueil qui sont à la source de la souffrance. Ce n'est pas une négation de l'expérience – c'est la reconnaissance que cette expérience n'appartient à personne de fixe. Le nirvana n'est pas l'annihilation : c'est l'extinction de l'illusion du moi.

Notes

La doctrine du non-soi entre en résonance avec Hume (pas de moi stable, seulement un flux de perceptions) et Parfit (ce qui compte n'est pas la continuité personnelle mais la connexion psychologique).

Débat

Descartes : le cogito est la preuve que quelque chose pense – même si c'est un processus, il y a un sujet. Sartre : la conscience est bien un néant – mais c'est un néant qui est toujours sien. L'ipséité résiste à l'analyse bouddhiste.