L'impératif catégorique
Thèse
Les philosophes ont longtemps débattu de ce qui constituait la moralité (le bien et le mal). Kant a proposé ce qu'il considère comme le critère ultime : l'impératif catégorique. C'est un outil simple qui permet de juger la moralité de nos maximes (les règles d'action que nous nous donnons librement) : est morale toute maxime que je peux universaliser sans contradiction. On pourrait le décrire comme un test : si une règle de conduite que je propose pour moi peut fonctionner pour tous les autres aussi, alors cette maxime est morale ; sinon, elle ne l'est pas. Il est important de noter que ce critère ne dicte aucun contenu moral précis : il fournit seulement la procédure permettant de tester la validité de n'importe quelle règle d'action.
« Agis uniquement d’après la maxime qui fait que tu peux vouloir en même temps qu’elle devienne une loi universelle. » – Fondements de la métaphysique des mœurs, 1785
Exemples
- Une maxime basée sur le mensonge : si tout le monde mentait, la confiance s'effondrerait, le langage deviendrait inutile (car non-fiable), la vie en société ne serait plus possible. La maxime, une fois universalisée, se détruit elle-même. Elle est donc amorale.
- Une maxime basée sur l'entraide : si tout le monde aidait les autres à chaque opportunité, le monde fonctionnerait mieux. La maxime résiste à l'épreuve de l'universalisation, elle est donc morale.
Notes
Le test : peut-on vouloir que tout le monde agisse ainsi ? À noter que Kant donne d'autres formulations à l'impératif catégorique : « Agis comme si la maxime de ton action devait être érigée par ta volonté en loi universelle de la nature. ». Ou encore : « Agis de telle sorte que tu traites l’humanité, aussi bien dans ta personne que dans la personne de tout autre, toujours en même temps comme une fin, et jamais simplement comme un moyen. »
Débat
Mill et les utilitaristes : une morale qui ignore les conséquences est aveugle au bonheur réel des hommes. Hegel : l'impératif catégorique est trop formel, il ne dit rien du contenu de la vie éthique concrète.