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L'inconscient est structuré comme un langage

Jacques Lacan · XXe siècle

Thèse

Contre une lecture biologisante de Freud qui réduirait l'inconscient à des pulsions brutes, Lacan soutient que l'inconscient obéit aux mêmes lois que le langage : substitution, déplacement, jeu des signifiants les uns par rapport aux autres. Le sujet n'est donc pas le maître de sa propre parole : « ça parle » en lui, à travers les lapsus, les rêves, les symptômes – autant de formations où un signifiant refoulé revient s'inscrire, sans que le sujet en soit l'auteur conscient.

« L'inconscient est structuré comme un langage. » – Le Séminaire, Livre XI, 1964

Exemples

  • Le lapsus : dire « au revoir » à la place de « bonjour » n'est pas un simple accident de la parole – c'est un signifiant qui s'est substitué à un autre selon les mêmes lois de glissement (métaphore, métonymie) qui régissent le langage ordinaire. L'inconscient parle par la bouche du sujet sans que celui-ci le sache.
  • Le rêve : Freud avait déjà montré que le rêve procède par condensation et déplacement – deux mécanismes que Lacan rapproche directement de la métaphore et de la métonymie linguistiques (Jakobson). Interpréter un rêve, c'est donc le déchiffrer comme on déchiffre un texte, non le sonder comme une pulsion informe.

Notes

Prolonge et transforme Freud en le lisant à travers la linguistique structurale de Saussure – d'où la formule condensée « ça parle », qui déplace le sujet cartésien de la maîtrise de soi (« je pense ») vers un sujet parlé par une structure qui le dépasse.

Débat

Descartes : la pensée est ce qui me garantit à moi-même (je pense donc je suis), en toute transparence. Sartre : L'inconscient freudien, quelle que soit la manière de l'interpétrer, reste une fiction commode qui permet à la conscience de se disculper de ce qu'elle fait. Nous sommes irréductiblement libres et responsables de nos choix.