La vérité est relative : chaque homme a sa propre vérité
Thèse
Il n'existe pas de vérité objective et universelle – chaque homme est la mesure de ce qui est pour lui. Ce qui paraît vrai à l'un peut paraître faux à l'autre, et les deux ont raison depuis leur perspective. La vérité n'est pas une propriété des choses – c'est une relation entre un sujet et ce qui lui apparaît.
« L'homme est la mesure de toutes choses, de celles qui sont en tant qu'elles sont, de celles qui ne sont pas en tant qu'elles ne sont pas. » – Théétète, fragment DK 80 B1
Exemples
- Le vent chaud ou froid : le même vent semble chaud à celui qui a froid, froid à celui qui a chaud. Pour Protagoras, les deux ont raison – il n'y a pas de température objective du vent en dehors des perceptions. La vérité du vent dépend de qui le ressent.
- Les valeurs morales et culturelles : ce qui est juste dans une culture est injuste dans une autre. L'honneur, la pudeur, la justice n'ont pas le même contenu selon les peuples et les époques. Si la vérité morale était absolue, on ne pourrait pas expliquer ces variations.
Notes
Protagoras est le représentant le plus célèbre du sophisme. Platon lui consacre tout le dialogue Théétète pour réfuter son relativisme. La thèse de Protagoras est auto-réfutatrice selon Platon : si toute vérité est relative, alors la vérité du relativisme est elle-même relative – et peut être fausse.
Débat
Platon : Certaines vérités (mathématiques, logiques) semblent bien s'imposer universellement. Aristote : sur les goûts et les perceptions sensibles, Protagoras a peut-être raison – mais sur les vérités nécessaires (logique, mathématiques), le relativisme est intenable. Nietzsche : ce n'est pas l'homme individuel mais la perspective – la vie – qui est la mesure.