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Les Idées platoniciennes

Platon · Antiquité (IVe siècle avant notre ère)

Thèse

Dans notre expérience de tous les jours, les choses se donnent de manières multiples et changeantes : un chat, par exemple, peut être grand ou petit ; gris, blanc ou fauve ; à poils courts ou longs... Ce qui nous permet de parler du chat en général, c’est le dénominateur commun, l’archétype universel derrière toutes ces variations : l’Idée du chat. Les Idées sont les modèles parfaits et immuables dont les choses sensibles ne sont que des copies dégradées.

« Le lit fabriqué par l'artisan n'est qu'une imitation du lit en soi. » – La République, X, 597a-b

Exemples

  • Le monde sensible (copies) : ce cercle dessiné à la main, ce chat particulier, cet acte courageux – imparfaits, périssables, approximatifs.
  • Le monde des Idées (modèles) : le Cercle parfait, le Chat en soi, le Courage en soi – éternels, parfaits, accessibles uniquement par la raison.

Notes

Socle de tout l'idéalisme occidental. Cette théorie s'articule à l'allégorie de la caverne : les choses sensibles sont comme des ombres projetées sur la paroi, les Idées sont les objets réels qui projettent ces ombres. Platon organise aussi les Idées en hiérarchie, au sommet de laquelle se trouve l'Idée du Bien, qui rend toutes les autres intelligibles comme le soleil rend les choses visibles. Connaître, pour Platon, n'est donc pas apprendre quelque chose de nouveau mais se ressouvenir des Idées que l'âme a contemplées avant son incarnation (la théorie de la réminiscence).

Débat

Aristote : les Idées séparées des choses sont inutiles – la forme est dans la chose elle-même. Nietzsche : le monde des Idées est la plus grande invention de la métaphysique pour fuir la réalité du devenir et du corps.