← Bibliothèque

La volonté de puissance

Friedrich Nietzsche · XIXe siècle

Thèse

Le principe fondamental de toute vie : non pas un désir de dominer autrui, ni même un simple instinct de survie, mais une tendance profonde à se surpasser, croître et créer. Un artiste qui a déjà de quoi vivre ne s'arrête pas là : il cherche à créer une œuvre plus audacieuse, plus risquée que la précédente – non par nécessité, mais par cette poussée intérieure à toujours aller au-delà de ce qu'il est déjà. C'est ce même principe qui anime, selon Nietzsche, toute vie : ce n'est pas la survie qui la fait agir, c'est le dépassement de soi.

« Ce que l’homme veut, ce que veut la moindre parcelle d’un organisme vivant, c’est un surcroît de puissance. » – La volonté de puissance, 1888

Exemples

  • Volonté de puissance niée : se soumettre par ressentiment, adopter la morale du troupeau, fuir le risque et la création.
  • Volonté de puissance accomplie : l'artiste qui s'arrache à ses limites, le philosophe qui brise les certitudes – non pour dominer, mais pour se dépasser.

Notes

Il ne faut pas confondre la volonté de puissance avec un désir de pouvoir sur les autres. La volonté de puissance est volonté de volonté, une force vitale qui cherche à se dépasser, à s'intensifier, une auto-affirmation de soi visant à se surmonter soi-même, un instinct de croissance. En ce sens, elle diffère du conatus de Spinoza qui se contente de conserver.

Débat

Schopenhauer : la volonté de puissance n'est qu'une manifestation de la Volonté aveugle et souffrante – il faut la nier, non la célébrer. Freud : la volonté de puissance ignore la part de l'inconscient et des pulsions de mort.